Climat

Retirer du CO2 de l’atmosphère et/ou refroidissement artificiel : plans B et C pour le climat

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Il y a toujours eu des centaines de trajectoires imaginables pour tenir les 2 degrés. Problème : comme on ne prend pas les mesures politiques nécessaires de sobriété ET que les progrès technologiques sont moins miraculeux qu’espéré, les nouvelles trajectoires nécessitent des efforts encore plus importants ET le déploiement de technologies encore moins prêtes à l’emploi, dans un temps encore plus court.

Depuis le début des années 2010 la majorité des modèles ne parviennent plus à reboucler l’équation sans recours aux Technologies d’Émissions « Négatives ». Voici un tour d’horizon passionnant et pédagogique de Carbon Brief sur le sujet.

La DACC (recapturer le CO2 atmosphérique par des espèces d’aspirateurs) et surtout les cultures de Bioénergies avec Capture et Stockage de Carbone (BECCS) sont les « solutions » les plus souvent avancées.

Le problème de ce Plan B est qu’il faut déployer, en partant de zéro et en très peu de temps, de gigantesques nouvelles industries, qui de surcroît consomment beaucoup d’énergie et de matériaux pour la DACC, beaucoup de terres arables pour la BECCS (avec des impacts potentiellement désastreux sur la biodiversité et la sécurité alimentaire).

Re-problème : plus on émet du CO2, plus ce déploiement industriel devra être gigantesque. Le serpent se mord la queue. Il n’y aura physiquement pas de réaction en chaine magique par laquelle on re-capturera le CO2 pour pas cher.

Le Plan C serait la géo-ingénierie par gestion du rayonnement solaire, où des réactions pas chères et déployables en relativement moins de temps sont envisagées pour contrer les effets du dérèglement climatique sans diminuer la concentration de CO2 (ex. refroidissement en balançant du souffre dans la stratosphère, « faire pleuvoir » comme le mégaprojet Sky Rivers en Chine).

Problèmes évidents : la technologie est loin d’être maîtrisée, il reste peu de temps pour ce faire, on ne peut pas évaluer tous les risques en testant à petite échelle, les risques sont énormes, y a pas le droit à l’erreur, et ça condamne les générations futures à maintenir éternellement un système hyper-dangereux en fonctionnement (sans parler des risques géopolitiques). En plus, en laissant le CO2 dans l’atmosphère, on ne règle pas des problèmes comme l’acidification des océans.

Bref, à force de se priver du levier de la sobriété (pourtant recommandé par de nombreux chercheurs) et de jouer au plus malin, l’étau se resserre.

Explainer: 10 ways ‘negative emissions’ could slow climate change – Carbon Brief

Compléments

https://www.sciencedaily.com/releases/2020/08/200824120035.htm#:~:text=Negative%20emissions%20technologies%2C%20often%20called,carbon%20dioxide%20from%20the%20atmosphere.&text=Microsoft%20has%20pledged%20to%20erase,since%20its%20founding%20in%201975.

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-injection-soufre-atmosphere-va-t-elle-nous-sauver-rechauffement-climatique-84706/

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