Agriculture

Les engrais de synthèse nourriraient 40 à 50% de l’humanité

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Un post ni très écolo ni très optimiste je le crains. Mais en matière d’agriculture décidément rien n’est simple. J’entends d’une part que 75% de la population mondiale se nourrit de « bio » (ex. dans le documentaire Demain) et que l’agriculture « conventionnelle » ne nourrit que 25% de l’humanité et consomme inefficacement 75% des ressources. Je ne trouve malheureusement rien de fiable permettant d’étayer ce point (n’hésitez pas à me l’indiquer si j’ai raté quelque chose).

J’entends inversement que la synthèse de l’ammoniac par hydrogénation du diazote gazeux atmosphérique (en d’autres termes, la fixation de l’azote de l’air de manière à le rendre assimilable par les plantes), procédé mis au point par Fritz Haber et industrialisé par Carl Bosch (aussi inconnus qu’influents sur le cours de l’Histoire, à l’image de ce que pourrait devenir le climatologue David Keith sur le cours des prochains siècles, mais c’est un autre sujet) aurait permis de « nourrir le monde, éviter une catastrophe malthusienne, et passer de 2 à 8 milliards d’habitants » (l’affirmation parait un peu exagérée, mais assez juste).

Le procédé Haber-Bosch n’est pas bio. Et encore, il existe des méthodes employant peu ou pas d’engrais de synthèse mais utilisant par exemple des herbicides, nourrissant elles aussi une part de l’humanité.

Il est difficile d’isoler la part jouée par les engrais de synthèse dans l’alimentation humaine. Il y a eu d’autres gains de productivité au 20e siècle : mécanisation, hybridation des plantes, irrigation… De plus, le système alimentaire mondial est complexe et géographiquement inégalitaire : les pays riches ne se contentent plus seulement de se nourrir mais dédient une part importante de la production agricole à la production de viande et d’agrocarburants.

Néanmoins les estimations citées dans cet article de Ourworldindata convergent autour de 40-50% de l’humanité nourrie grâce au procédé Haber-Bosch, une part en croissance. Le bio nourrirait donc une part (faiblement ?) croissante d’un pays comme la France, mais une part décroissante de l’humanité.

A nouveau, ce n’est en comptant « que » le procédé Haber-Bosch, et pas d’autres méthodes « conventionnelles ».

Alternativement, le monde aurait pu reposer sur la culture de légumineuses (lentilles, pois chiches…) pour fixer l’azote. Mais pour des raisons développées dans cet article, il apparait peu probable que cela eut été possible à grande échelle.

Une autre alternative aurait été de développer les engrais animaux. Cependant c’était déjà le cas avant l’avènement des engrais de synthèse, où l’approvisionnement en engrais animaux était structurellement limité par les faibles niveaux de surplus, limitant ainsi la capacité à nourrir le bétail, donc la capacité à produire des engrais animaux. Aujourd’hui, l’approvisionnement de fumier à grande échelle reposerait en grande partie sur une alimentation animale massive non-bio permise justement par le procédé Haber-Bosch (vrai ? Pas vrai ? A nuancer ?).

Fertilizers – Our World in Data

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