Climat

Les océans sont de plus en plus « stables », mais ce n’est pas une bonne nouvelle

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Un passage du dernier rapport du GIEC m’a interpellé, selon lequel nos émissions de CO2 entrainent le réchauffement et l’acidification des océans (jusqu’ici « tout va bien ») mais aussi leur désoxygénation. Je l’ignorais complètement, pensant que la désoxygénation des océans était uniquement du fait de l’eutrophisation, provoquée par exemple par le déversement de trop grandes quantités d’engrais agricoles.

Ma petite exploration me mène également à la notion de « stratification des océans », qui m’était encore plus étrangère. Décryptage avec cet article assez pédagogique, qui rebondit sur une étude de l’Institut Chinois de Physique Atmosphérique.

Climate change is creating a significantly more stratified ocean, new study finds | NCAR & UCAR News

La « stratification » des 200m de la couche supérieure des océans a augmenté de 7% entre 1960 et 2018. L’océan est de plus en plus stable : il y a de moins en moins de brassage entre les couches profondes et les couches hautes. Cela est dû à un écart croissant de densité, avec une couche haute de plus en plus chaude (en raison du réchauffement climatique) et de moins en moins salée (en raison de la fonte des glaces provoquée par le réchauffement climatique).

Une rétroaction « positive » renforce ensuite le réchauffement climatique, l’eau plus chaude étant moins capable d’absorber le CO2 atmosphérique.

Le réchauffement de la couche haute des océans comporte d’autres effets négatifs. L’oxygène est moins soluble dans une eau plus chaude, et la stratification réduit les échanges d’oxygène entre la couche haute et la couche basse.

La stratification réduit également le recyclage des nutriments depuis les remontées d’eau des couches basses vers les couches hautes.

Pollution, réchauffement, acidification, désoxygénation, et stratification des océans : tout cela n’est guère favorable à la biodiversité marine.

Aussi loin que vont mes lectures (si j’ai raté quelque chose, merci de me l’indiquer), on ne sait pas vraiment ce que seraient les conséquences d’un effondrement de la vie marine (seulement 1-2% de la biomasse de la Terre, biomasse légère donc fragile, mais essentielle à l’équilibre de la vie sur Terre) hormis quelques évidences comme moins de poissons à manger, moins de touristes pour admirer les coraux etc.

Autrement, on ne sait à peu près rien des conséquences sur les équilibres bio-géo-chimiques, ni sur les seuils à partir desquels on irait vers de nouveaux équilibres, ni la mesure dans laquelle ces nouveaux équilibres nous seraient favorables.

On aurait aussi pu imaginer donner de la valeur à la vie marine en soi (pas seulement pour ce qu’elle nous fournit), mais ce n’est pas le cas. Il faut donc probablement que ça devienne une question de sécurité pour qu’on en prenne soin.

Pédagogique également cet article de Wikipedia :
Ocean deoxygenation – Wikipedia

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