Energie et ressources

Ecologie = Changement Climatique = Energie = Electricité = Nucléaire ?

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Il ne peut y avoir qu’en France où pour autant de gens, « Ecologie = Nucléaire » (le 2ème terme venant souvent une seconde après le premier dans plus de la moitié des débats). Ailleurs dans le monde le nucléaire est un sujet plutôt anecdotique. Le débat en France supposerait ce qui suit :

Ecologie = Changement Climatique = Energie = Electricité = Nucléaire.

Laquelle de ces 4 égalités est la plus discutable ?

1) Le changement climatique n’est malheureusement qu’une question écologique parmi d’autres comme l’érosion de la biodiversité, la dégradation des sols, la déplétion des ressources, le stress hydrique et les pollutions (ces problèmes se renforçant plus ou moins mutuellement). Le changement climatique est une question très critique, intéressante, et prenante, mais clairement pas la seule. Disons que ça pèse au maximum 30% des problèmes écologiques de ce siècle ? (OK, probablement plus dans un monde à +4C, mais espérons ne pas en arriver là).

2) L’énergie ne pèse « que » ~60-70% de nos émissions de gaz à effet de serre : production d’électricité, industrie, bâtiment, transports. Les 30-40% restants sont issues de l’agriculture, de la déforestation, ou encore du traitement des déchets.

3) La part mondiale de l’électricité dans la consommation finale d’énergie n’est « que » de 20% (part en augmentation, c’était environ 9% en 1973, voir détail dans cet article de l’AIE). Les transports sont très peu électrifiés, le bâtiment et l’industrie ne sont pas totalement électrifiés, etc.

https://www.iea.org/reports/key-world-energy-statistics-2020/final-consumption

4) Le nucléaire pèse 10,5% de l’électricité mondiale (part en diminution, qui était de 17,5% en 1996). Les capacités installées et leur production croissent hélas assez lentement depuis 30 ans.

https://www.world-nuclear-news.org/Articles/Steady-growth-in-nuclear-generation-continues

Comme le rapporte Karim Megherbi dans cet article constructif qui sort des guéguerres stériles (merci Karim !) :

« En 2020, les projections de l’AIEA pour les capacités installées en 2050, variaient entre une baisse de 7%, et une hausse de 82%. Le scénario « haut », signifierait pour le nucléaire une part aux environs de 20% de la demande électrique mondiale. Or la tendance actuelle ne correspond pas à ces prévisions : selon l’AIE, nous atteindrions un peu plus de 450 GWe en 2040, contre 415 GWe aujourd’hui. »

Je le déplore car le nucléaire est une technologie bas carbone. Les déchets radioactifs de haute activité et à vie longue semblent être un problème relativement gérable (ils prennent peu de place, on pourra peut-être un jour les revaloriser etc.).

Le principal problème du nucléaire est surtout que ça ne redécolle pas : les coûts de production sont élevés, les chantiers sont longs et complexes, le financement est difficile, les compétences parfois manquent, et les gouvernements (écolos ou pas écolos) sont frileux à se lancer dans de longues aventures qui engagent sur des siècles et des millénaires.

Nucléaire : enjeu majeur des présidentielles de 2022 ? (revolution-energetique.com)

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