Energie et ressources

La « transition énergétique » partie pour tourner au gigantesque fiasco ?

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Décidément cette « transition énergétique » est peut-être partie pour tourner au gigantesque fiasco. C’est triste pour nos amis qui travaillent sincèrement pour que cette transition fonctionne, et c’est bien sûr très préoccupant pour l’Humanité qui risque de faire face à la fois à un effondrement énergétique et un cataclysme climatique. C’est encore plus préoccupant pour la vie sauvage (donc « nous »), qui risque de voir s’accélérer un effondrement biologique déjà bien amorcé.

Le Sultanat d’Oman s’enorgueillit de procéder à la récupération assistée du pétrole (donc racler des fonds de puits pour sortir encore plus de pétrole) par de l’énergie solaire. Le Sultanat est fier d’après ses propres termes d’être à la pointe de la « convergence énergétique », où énergies conventionnelles et renouvelables sont unies (WTF). Ce n’est malheureusement pas un cas isolé, mais une tendance qui a le vent en poupe.

La décarbonation est quelque chose qui se planifie et s’organise. Là c’est du grand n’importe quoi, on ne maitrise absolument rien.

(je suggère de lire « L’Energie du Déni » de Vincent Mignerot, dont plusieurs idées sont ici reprises, j’en ferai un article plus détaillé une prochaine fois)

1) Il n’y a à ce jour toujours pas la moindre preuve que les « énergies de substitution » se substituent aux énergies fossiles. Il peut y avoir une substitution marginale dans certains pays, mais cela n’a aucune importance. On a une problématique énergétique et climatique globale, donc ce qui compte est le mix global, où il n’y a toujours aucune transition énergétique, mais un empilement.

2) Même à l’échelle d’un pays, la preuve n’est pas faite, et ce qui apparait comme une « transition » est au moins en partie une illusion. L’exemple historique le plus réussi, du moins en façade, est le programme nucléaire français. Or si depuis les années 70 les émissions territoriales de la France ont un peu baissé, celles basées sur la consommation, et intégrant les importations, ont à peine baissé.

3) Je vous invite vivement à regarder l’interview de Nicolas Meilhan sur Green Letter Club à propos du véhicule électrique, un cas d’école de la désorganisation complète de cette transition : une fois qu’on compte l’extraction des métaux, la fabrication en Chine, le fait que les SUV électriques portent le marché (bouffant autant de métaux rares que 3-4 petites voitures électriques), etc. les gains liés au véhicule électrique deviennent limités.

4) Il n’y a toujours pas la moindre preuve qu’un pays soit capable de décoller économiquement et d’arracher sa population de la misère sans recours massif aux énergies fossiles.

5) On observe aujourd’hui que même un désinvestissement ou pénurie légère de charbon crée d’importantes secousses économiques en Chine et en Inde. Et il y a encore des milliards de gens dans le monde qu’il faut sortir de la pauvreté. La douloureuse expérience actuelle risque de relancer de plus belle les extractions de fossile.

6) Même en Occident on n’est pas prêts et/ou volontaires pour vraiment baisser nos émissions. Il n’y a absolument aucun plan cohérent pour faire baisser les émissions de 3-4% cette année, puis de nouveau l’année suivante, et ainsi de suite pendant 30-40 ans. Or c’est ce qu’on est engagés à faire, mais on signe « en même temps » d’autres projets ou accords (ex. à l’OMC) qui vont complètement à l’encontre des objectifs climatiques. Ce n’est pas sérieux, Greta a même raison de parler de « trahison ».

7) Sur le plan purement technologique, les énergies de substitution (ENR, nucléaire) sont manifestement très loin d’être prêtes à prendre le relai des énergies fossiles.

8) En dehors des études théoriques, il n’y a à ce jour toujours pas de preuve de la viabilité d’un système énergétique autonome basé sur les ENR intermittentes qui soit capable de soutenir ne serait-ce un pays industriel. Dans le plus avancé, l’Allemagne, l’éolien + le solaire représentaient de l’ordre de 5,5% de l’approvisionnement énergétique en 2019.

9) Le développement des ENR en Europe se fait en grande partie au détriment du nucléaire (sic…). EELV ou pas EELV, Europe ou pas Europe, le nucléaire est moribond partout dans le monde : 4% de l’énergie primaire mondiale (10% de l’électricité), une part en déclin depuis plusieurs décennies.

Bref je m’arrête là, il y aurait encore de quoi dire, mais cela doit suffire à dépeindre le désastre complet vers lequel nous nous dirigeons si rien ne change.

 

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