Climat

Guerres, géoingénierie, quotas : 3 solutions techniques à la crise climatique

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Le dépassement des limites planétaires est à la fois un problème technique et politique. Mais sans solution technique, la politique ne servirait techniquement à rien. Cet article examine 3 solutions d’un point de vue purement technique, qui induiraient néanmoins de profondes implications politiques.

La première solution est inspirée du fait que nous devons réduire drastiquement nos émissions de GES chaque année au cours des prochaines décennies, dans des proportions qui n’ont été observées qu’à quatre reprises dans l’histoire thermo-industrielle : la Grande Dépression, l’année 1945, la Grande Récession de 2008, et le confinement mondial de 2020. Il pourrait donc s’ensuivre que pour se mettre sur la « bonne » voie, nous devons provoquer un effondrement mondial du système financier en 2022 (et ne jamais rebondir), détruire l’industrie japonaise et allemande en 2023 (et ne jamais les laisser rebondir), imposer un confinement mondial de 2 mois en 2024, un confinement mondial de 4 mois en 2025 et un confinement mondial de 6 mois en 2026. Des efforts similaires devront être répétés chaque année, en ciblant de préférence les plus riches afin de maximiser les réductions de GES, jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte en 2050.

Or le chômage, la misère, les guerres, les famines, les pandémies, les génocides et le totalitarisme, ce n’est certainement PAS ce que nous voulons. À tout le moins, nous voulons la base de la Déclaration de Philadelphie de 1944 : « le bien-être matériel et le développement spirituel dans des conditions de liberté et de dignité, de sécurité économique et d’égalité des chances, pour tous les êtres humains ».

Cette première solution est donc une très – très – mauvaise solution, et visait juste à donner une idée de l’échelle du problème (merci à Jean-Marc Jancovici pour avoir inspiré l’idée, évidemment sur le ton de l’ironie).

La deuxième solution technique se base sur le constat que malgré quelques progrès (ex. les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de ~30 % sur 2000-2009, ~10 % sur 2010-2019) il demeure de plus en plus improbable que nous atteignons l’objectif des +2 degrés (sans parler de l’objectif de +1,5 degré), et nous dépendons de plus en plus de technologies qui existent à peine, telles que la capture du CO2 dans l’air. Les politiques actuellement en place nous conduiraient vers un réchauffement de +2,7 degrés d’ici 2100 (peut-être moins si nous avons de la chance sur la sensibilité climatique, peut-être plus si nous n’avons pas de chance), augmentant ainsi considérablement les risques de chômage, de misère, de guerres, de famines, de pandémies, de génocides et de totalitarisme. Les politiques de décarbonation peuvent être appliquées ou renforcées, mais il peut aussi y avoir des pépins sur la voie de la transition énergétique (qui a pour l’instant à peine commencé) : manque de minéraux critiques (ex. cobalt, lithium, nickel, cuivre), oppositions sociales aux changements technologiques ou culturels, crises économiques, déni et manque de courage politique, indisponibilité des technologiques alternatives… bref, des choses que nous observons déjà.

Une conclusion serait de contourner le problème des GES et de prendre plus directement le contrôle du thermostat terrestre par la géoingénierie solaire, en particulier l’injection d’aérosols dans la stratosphère. Un procédé bon marché, très peu gourmand en ressources naturelles, rapide à déployer et théoriquement efficace pour éliminer les demi-degrés indésirables de réchauffement (du moins les simulations informatiques des pionniers du projet SCoPEx le suggèrent, bien qu’ils aient besoin de temps et d’expériences hors-laboratoire pour confirmer des hypothèses telles que le comportement réel des aérosols dans la stratosphère). Si je devais parier la vie de mes enfants, je dirais à partir des recherches les plus approfondies que j’ai pu mener, que la géoingénierie sera abordée au JT de 20h au cours des années 2030. Elle l’est déjà dans des cercles restreints, mais très sérieux : il n’y a pas grand chose de plus à savoir pour le grand public, à l’heure où l’on parle, que ce que ces chercheurs évoquent dans ces webinaires.

Les inconvénients évidents de cette solution sont d’éventuelles conséquences physiques imprévues, ainsi que des risques géopolitiques et éthiques. La solution serait au mieux temporaire, pour gagner du temps, et elle ne résout pas la question de l’acidification des océans (l’autre problème du CO2). Elle ne traite pas non plus d’autres problèmes écologiques tels que l’effondrement de la biodiversité, le stress hydrique, la pollution des écosystèmes ou l’épuisement des combustibles fossiles, et les injustices sociales qui en découlent. Ces problèmes seraient aggravés par le changement climatique (ex. le changement climatique peut rendre l’extraction de combustibles fossiles plus difficile, à la fois pour des raisons physiques et sociopolitiques). Mais ils n’ont pas besoin de changement climatique pour être hautement problématiques.

La troisième solution, qui n’exclut pas forcément la seconde en complément, repose sur le fait que pour atteindre la neutralité, disons vers 2070, et conserver de bonnes chances de limiter le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés, il faudrait dès aujourd’hui plafonner les émissions de GES et les réduire linéairement chaque année d’une quantité équivalente à 2% des niveaux de 2021.

2% x 50 = 100%. Jusqu’ici tout va bien.

La troisième solution reconnaît également qu’il existe en fait de nombreuses solutions : énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, biomasse…), énergie nucléaire, efficacité énergétique, changements de mode de vie, meilleure planification urbaine, recyclage, réutilisation, agriculture de conservation, reboisement, arrêt de la déforestation, replantation de mangroves, CCUS, DACC, altération forcée… Wow, mais qu’allons-nous faire avec tant de solutions ? Il y en a tellement ! C’est trop bien.

Des cadres réglementaires sont cependant nécessaires pour garantir que les promesses technologiques et politiques sont tenues (on ne sait jamais après tout), et que les solutions les plus compétitives sont mises en œuvre de manière à atteindre nos objectifs dans les délais impartis.

L’idée générale est de fixer des quotas, des schémas de rationnement et des limites, à la fois sur l’offre et la demande, partout dans le monde, sur chaque source émettrice de GES, à la fois les sources énergie et hors-énergie (en se concentrant uniquement sur l’énergie, comme nous avons généralement tendance à le faire, nous passons à côté de 30% du problème climatique, et à côté de la majorité des problèmes de biodiversité et d’eau). Les quotas plafonneraient les émissions globales de GES dès l’année 1, après quoi ils seraient réduits chaque année dans les proportions nécessaires.

Il n’y a rien d’antidémocratique là-dedans (surtout par rapport à un scénario où le changement climatique deviendrait tout sauf démocratique). Ce n’est rien d’autre que le résultat mathématique de nos engagements. Il se trouve que tous les pays et toutes les entreprises se disent capables d’atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2060, parfois même 2039. Wow, ils sont encore plus ambitieux que dans cet article. C’est trop bien.

Dans ce cas, un système de quotas progressivement réduits ne change rien, donc personne n’a rien à craindre.

Les quotas sont essentiellement ce qu’applique déjà le système d’échange de quotas d’émissions de l’UE à l’industrie européenne. Leau est régulièrement rationnée ici et là dans le monde, un exemple récent étant l’eau du fleuve Colorado. Les chocs pétroliers des années 1970 ont entraîné des programmes de rationnement des carburants dans plusieurs pays européens. Quand yapu, yapu. Et yapu beaucoup de budget carbone.

Les quotas sont bien plus efficaces et socialement justes que les taxes. Les plus pauvres peuvent difficilement consommer moins d’énergie ou payer plus de taxes. Les plus riches ne se soucient pas du prix qu’ils paient pour l’énergie.

Les quotas ne sont pas une punition, bien au contraire : c’est une incitation pour tous les inventeurs et entrepreneurs à innover, à accélérer le déploiement des technologies alternatives, à rivaliser d’ingéniosité pour proposer à leurs clients les produits les plus économes en carbone, et in fine à gagner du pognon.

Les quotas ne sont pas infantilisants, bien au contraire : ils donnent aux entreprises et aux individus une visibilité sur le long terme, du temps pour s’organiser, et une responsabilité noble sur l’avenir de nos enfants (ce que la politique court-termiste actuelle à base de bla bla bla ne fait pas, en prenant les gens pour des imbéciles, ce qu’ils ne sont pas). Tout le monde devrait se sentir honoré et trouver du sens à une telle entreprise civilisationnelle (le système consumériste actuel n’apportant absolument aucun sens).

Enfin, les quotas éliminent techniquement tout risque d’effet rebond et de fuite de carbone.

Plus facile à dire qu’à faire cependant. Comment mettre en œuvre une telle idée de manière économiquement et socialement acceptable ? Ce qui suit est bien entendu ouvert au débat.

Du côté de l’offre, la limitation des permis d’extraction d’énergie fossile est techniquement faisable (et déjà un peu en cours). Le problème est alors double. Premièrement, les producteurs de combustibles fossiles ne coopéreront pas unanimement. Deuxièmement, cela ne garantit en aucun cas une transition énergétique mondialement et socialement équitable.

Dans sa relation avec les producteurs de combustibles fossiles, l’opinion occidentale se concentre trop souvent sur des entreprises capitalistes dans le contexte d’un marché mondial. Mais l’énergie reste, au XXIe siècle, un sujet hautement national, intimement lié à la fois à l’indépendance nationale et à la soutenabilité de la balance des paiements. Aucun pays disposant de réserves nationales de charbon exploitables n’a choisi de les laisser sous terre. Ce n’est pas un hasard. Si nous voulons que les quotas et le rationnement soient efficaces, nous, les pays « riches » devons en même temps aider les pays dépendants du charbon, du pétrole et du gaz à sortir de leur dépendance aux combustibles fossiles. Car au fur et à mesure de la transition vers une économie bas carbone, les « addicts au charbon » ne verront que leur situation et leur dépendance s’aggraver : toute taxe, quota ou rationnement liés au CO2 impactera les importations en provenance des pays émergents qui gèrent leur industries low-cost par de « l’énergie brune ». À mesure que leurs sources de devises diminueront, leur capacité à importer de l’énergie ou des actifs énergétiques « propres » diminuera également. Donc, pour comprimer le côté de l’offre, il ne suffit pas d’établir des réglementations strictes pour empêcher les entreprises et les banques occidentales d’investir dans les combustibles fossiles. Nous devons aussi « payer pour arrêter les mines ». Non pas en envoyant des dollars ou des euros, mais en créant un véritable système de solidarité énergétique internationale qui assurerait un accès équitable, mondial et partagé à l’énergie restante après la fermeture des mines de charbon et des plates-formes pétrolières.

Du côté de la demande, il semble évident que les usages les moins essentiels bénéficiant aux plus riches devraient faire partie du dispositif, sans quoi l’acceptation sociale de la transition énergétique sera proche de zéro. L’aviation est responsable d’environ 2,5% des émissions mondiales de carbone (3,5% une fois que nous tenons compte des autres facteurs de forçage radiatif tels que les traînées de condensation) et son impact climatique augmente de 4 à 5% par an. Cette croissance doit s’arrêter et s’inverser. L’allocation de kérosène de l’industrie aéronautique en 2022 devrait être égale à sa consommation de 2021. Après quoi son allocation serait diminuée chaque année d’une quantité équivalente à 2% du niveau de 2021. 50 x 2 % = 100 %.

Le secteur aéronautique n’aurait absolument aucune difficulté à absorber une telle règle, qui est beaucoup moins contraignante que ses propres promesses. L’industrie activerait des leviers tels que l’efficacité énergétique (ce qu’elle fait déjà assez bien), les énergies alternatives (hydrogène « vert », électricité « verte », carburants synthétiques alternatifs « verts », ammoniac « vert »), les déviations de trajectoire pour réduire les trainées de condensation, ou la diminution du trafic aérien.

L’IATA considère que les carburants synthétiques feraient la majeure partie du travail, nécessitant ainsi de l’hydrogène « vert » et du CO2 « vert » capturé dans l’air à grande échelle (??). Mais peu importe. Le climat ne se soucie pas de la façon dont l’industrie gèrera son budget carbone.

D’ici 10 ans, nous atteindrions 20% de réduction de l’impact climatique de l’aviation. Étant donné que les technologies alternatives ne sont pas immédiatement disponibles à grande échelle, l’efficacité énergétique ferait l’essentiel du travail. Sinon, la diminution du trafic aérien viendrait compléter. De même à plus long terme, pour tout ce que les améliorations techniques ne parviendraient pas à réaliser, la diminution du trafic aérien viendrait compenser.

Les pilotes et autres travailleurs de compagnies aériennes avec lesquels je discute amicalement trouvent généralement cette idée intéressante. C’est peut-être surprenant, mais en fait ça ne l’est pas. Certains travailleurs du transport aérien ont bien conscience du problème, et cette proposition de quota n’est en rien différente de ce que leur industrie s’est de toute façon engagée à réaliser. C’est peut-être aussi sa dernière chance de survivre : il apparait plausible que dans un monde où de plus en plus d’activistes du climat et de victimes du changement climatique ressentent « pour de vrai » un monde à +1,5C ou +2C, et où les agriculteurs et les automobilistes pauvres souffrent de plus en plus des contraintes pétrolières, l’acceptabilité sociale du transport aérien serait pour le moins menacée.

Voilà, c’est fait pour la partie facile.

Les achats individuels du quotidien (nourriture, meubles, vêtements, équipements électroniques etc.) pèsent une part importante des émissions mondiales de GES. La chaîne alimentaire à elle seule représente environ un tiers des émissions (qui comprend la déforestation induite par l’agriculture, l’utilisation d’engrais, les émissions de méthane du bétail, la transformation, l’emballage et le transport des aliments, la décomposition des déchets alimentaires dans les décharges etc.). Il y a peu de difficultés techniques, notamment avec les technologies numériques modernes, à implémenter des allocations carbone pour les achats du quotidien. Les niveaux d’allocation individuels à travers le monde seraient fixés sur la base des Contributions déterminées au niveau national (NDC), et sur la part que doivent jouer des achats individuels (30% ? 40% ? Peu importe).

Il devrait sembler évident qu’un tel régime encouragerait l’innovation, la réparation, la réutilisation des produits, les circuits courts, ainsi que la responsabilité et la dignité des consommateurs.

Un focus sur l’agriculture suggère en effet que l’innovation technique et la responsabilité des consommateurs se verraient accélérées par ce système. L’engagement sur le méthane récemment adopté à la COP 26 vise à limiter les émissions de CH4 de 30% en 2030 par rapport à 2020. C’est en effet un objectif très pertinent : le méthane est responsable d’environ 25 à 30% du réchauffement climatique, et sa courte durée de vie dans l’atmosphère (environ 10 ans en moyenne) ferait que les efforts climatiques seraient rapidement récompensés. Cependant, cette promesse, comme d’habitude, est complètement passive, non-contraignante, et n’offre aucune garantie, or nous n’avons plus le temps de tergiverser. Un programme de quotas d’émissions de l’élevage garantirait cependant que les mesures adéquates soient prises dans les proportions nécessaires : compléments alimentaires pour réduire la fermentation entérique du bétail, réduction de la consommation de viande, viande de synthèse… Peu importe, l’industrie et les consommateurs sauront faire ce qu’il faut.

Concernant le chauffage des logements (soit 60 à 70% de l’énergie consommée par le logement), les choses seraient un peu différentes. Dans un pays comme la France, il est interdit de chauffer au-dessus de 19°C (mais quasiment personne n’est au courant). Contrairement aux limitations de vitesse sur la route, la loi n’est pas appliquée, mais rien n’empêche techniquement, notamment avec les technologies modernes, d’avertir les consommateurs et d’appliquer des amendes s’ils persistent à violer la loi. Cela ressemble à une intrusion de l’Etat dans l’intimité des gens. C’est effectivement le cas, et cela soulève en effet des problèmes éthiques. Il faudrait cependant comparer l’acceptabilité sociale d’une telle situation avec la situation existante, où certains parmi les plus riches surchauffent de grandes maisons, tandis que beaucoup parmi les plus pauvres (y compris dans les pays riches) doivent choisir chaque hiver entre manger 3 repas par jour et chauffer leur logement. Continuer à aggraver l’insécurité énergétique et économique des plus pauvres est un choix sociétal et politique.

L’arrêt immédiat du surchauffage dès l’année 1 permettrait d’obtenir un gain bien supérieur à 2%, laissant du temps pour l’isolation et l’installation de chaudières à faibles émissions. Il n’est pas du ressort de cet article d’identifier les politiques les plus efficaces pour ce faire. Beaucoup existent déjà. Mais dans une perspective de justice sociale, les coûts de rénovation ne doivent pas être supportés par les plus pauvres. Il devrait être de plus en plus difficile, voire interdit, pour les propriétaires de louer des passoires thermiques. Cela inciterait les propriétaires à financer les rénovations ; des subventions gouvernementales ou des allégements fiscaux viendraient accélérer la tendance. La tendance est déjà à l’œuvre, bien que des freins se posent dans la réalité : manque d’artisans labellisés RGE, propriétaires et occupants qui rechignent à engager des travaux couteux et conséquents. Les choses seront loin d’être faciles. Il faut néanmoins avoir à l’esprit que le chauffage et le confort thermique sont loin de n’être qu’une question de climat mondial. Ce sont aussi (et surtout ?) une question de sécurité énergétique nationale, de pouvoir d’achat et de justice sociale. Des motivations potentiellement plus concrètes et immédiates.

Concernant les émissions des sites industriels, le système EU ETS donne l’exemple pour la transition des usines d’acier, de verre, de produits chimiques, d’aluminium ou encore de ciment. Des améliorations techniques du dispositif sont probablement possibles, mais le fait que ce schéma existe dispense cet article d’avoir à justifier le caractère « raisonnable et démocratique » des quotas appliqués à l’industrie.

Les émissions des voitures et des motos sont difficiles à traiter en raison de la diversité des situations individuelles. Les citadins n’ayant pas besoin de voiture seraient confrontés à peu de contraintes, tandis que les habitants des territoires périphériques n’ayant pas d’autre choix seraient confrontés à des contraintes grandissantes. Pourquoi ne pas simplement reproduire les schémas de rationnement mis en place en Europe lors des chocs pétroliers des années 1970 ? A cette époque, un pays comme le Royaume-Uni distinguait le carburant à usage personnel et le carburant à usage professionnel. Cela pourrait résoudre une partie de la question, mais le problème demeure de contraindre les citoyens suburbains et ruraux sur les usages personnels.

Une voie relativement « facile » consisterait à fixer des limites plus strictes sur les émissions des voitures : des consommations maximales de carburant et des émissions maximales de CO2, régulièrement révisées à la baisse. Les constructeurs automobiles réalisent la plupart de leurs bénéfices avec des voitures lourdes et fortement consommatrices ? Cela ne devrait pas être le problème des victimes du changement climatique et de la flambée des prix des carburants. C’est un problème de modèle commercial et de tarification à résoudre entre le gouvernement et l’industrie automobile.

Il est en tous cas essentiel, par cette manœuvre de gestion des quantités consommées, que les ménages les plus modestes ressortent gagnants en termes pouvoir d’achat. Les taxes sur le carburant pourraient être réduites. Mais surtout, les prix pourraient baisser grâce à une meilleure gestion de la demande des usages non-essentiels, qui desserrerait l’étau sur les usages essentiels.

Une bonne planification urbaine de long terme est bien sûr un autre élément de l’équation. Plus les villes sont grandes, plus leur consommation de matières premières et d’énergie par habitant est élevée. Concentrer l’humanité dans des mégalopoles à dizaines de millions d’habitants aggravera non seulement la crise climatique et écologique, mais sapera également davantage la démocratie et creusera le fossé entre les élites urbaines et les ruraux. Mais la « replanification urbaine » de l’Humanité ferait probablement l’objet d’un autre article.

Il reste bien sûr des incertitudes et des angles morts dans cette analyse jeune, et qui demeure ouverte. L’organisation de la communauté internationale et sa capacité à penser global, « en tant qu’espèce » et non comme un amas d’États souverains, n’étant pas des moindres. Il demeure possible qu’en tant qu’espèce nous fassions comme toute autre lorsqu’elle atteint la saturation de son milieu, en finissant par être régulés. Sauf qu’à l’exception des autres espèces, nous en aurions pleinement conscience.

Le point principal cependant est que nous devons mettre davantage de sérieux et de garantie dans la résolution de l’équation Énergie-Climat-Sols. Soit nous sommes une génération de traîtres et de menteurs irresponsables qui seront haïs pour des générations à venir, soit nous mettons politiquement en œuvre les solutions qui résolvent mathématiquement l’équation dans les limites éthiques de la justice sociale.

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