Energie et ressources

La transition écologique dans la stratégie des universités et grandes écoles

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Les limites planétaires réinterrogent la stratégie de long terme de tous les secteurs d’activité : énergie, assurances, finance, défense, éducation, agroalimentaire, eau, mobilité… Quel que soit leur projet professionnel, la demande des étudiants à être formés à ces enjeux ne cesse de croître. Le rapport de juillet 2020 du groupe de travail « Enseigner la transition écologique dans le supérieur », commandé par Madame Frédérique Vidal, souligne la nécessité que, « à brève échéance, 100% des étudiants sortant de l’enseignement supérieur en formation initiale, aient été formés aux enjeux, voies et moyens de la transition écologique. »

L’enseignement supérieur a en outre une mission traditionnelle de diffusion des connaissances, que les étudiants auront besoin de cerner pour être préparés à leur futur emploi ainsi qu’à leur parcours de citoyen. L’intégration des problématiques environnementales est aussi une demande croissante des entreprises, qui expriment des besoins de formation de leurs collaborateurs aux défis du changement climatique et des contraintes de ressources (énergie, eau, sols, métaux…), impliquant également la formation continue. Des mutations apparaissent dans les métiers de l’ensemble des filières, et les entreprises sont de plus en plus preneuses de connaissances et d’innovations provenant du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur.

A ce titre, les établissements redéfinissent leur stratégie et la déclinent au niveau opérationnel, avec des démarches de pédagogie active invitant les étudiants à tenter de se repérer dans un monde complexe, saturé d’informations, et aux enjeux interconnectés. Par exemple, l’Emlyon intègre dans son tronc commun post-prépa des ateliers animés par la Fresque du Climat, ainsi qu’un cours sur les « Futurs Durables » (dont j’ai eu le plaisir de faire partie des enseignants, je remercie pour cela Thomas Gauthier) associant des entreprises partenaires pour lesquelles les étudiants élaborent des scénarios prospectifs à 2030-2040, et des expériences immersives permettant de réinterroger dès à présent le business modèle et la vision du monde des entreprises (angles morts, opportunités non-saisies etc.).

Dans le domaine de Forges en Seine-et-Marne, le Campus de la Transition rassemble des acteurs du monde de l’enseignement, de la recherche, de l’entreprise, des institutions publiques et de la société civile autour de personnalités reconnues sur les enjeux économiques, écologiques, climatiques et sociétaux. Premier établissement de ce type créé en France, le campus ouvre un lieu d’expérimentation, de recherche-action, et de pédagogie immersive dans un lieu lui même en processus de transition.

Autre exemple, le pôle transition écologique de l’Université de Tours, intégré au pilotage de l’établissement, déploie une stratégie environnementale allant au-delà de sa propre empreinte (bâtiment, transports, alimentation, achats) : le pôle coordonne des projets interdisciplinaires et partenariaux associant les services universitaires, les laboratoires, les entreprises et les associations d’étudiants. Des groupes de travail thématiques, soutenus financièrement par le pôle, se constituent pour réaliser des projets expérimentaux permettant de tester des changements d’usages et de diffuser des connaissances.

Les évolutions en cours induisent des transformations d’envergure pour les établissements, auxquelles il s’agit de répondre par une approche globale :

  1. Intégrer la transformation écologique dans l’offre de formation, par exemple : recensement des nouveaux besoins des recruteurs, création de modules transversaux et de nouveaux parcours, évolution des parcours existants, promotion de démarches collectives d’enseignants-chercheurs…
  2. Aligner la stratégie de recherche et les programmes d’innovation, en lien avec le monde économique et institutionnel.
  3. Accompagner les partenaires (entreprises, territoires…) sur les questions de transition grâce aux expertises de l’établissement sur le sujet.
  4. Analyser les impacts des engagements propres de l’établissement (gestion des bâtiments, achats, déplacements…) et en dégager des éléments de preuve sur la stratégie globale de transition.

Les établissements construiront ainsi un ensemble de projets pluridisciplinaires et partenariaux qui engagent des transformations structurelles, et répondent aux enjeux de neutralité carbone et de préservation de la biodiversité.

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