Vie quotidienne

Je suis candidat écologiste aux législatives en Ariège, voici mes orientations

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L’écologie n’est pas une punition, c’est la sauvegarde de l’essentiel et la recherche du bien-vivre.

Bonjour ! Je suis Cyrus Farhangi, candidat aux législatives investi par le Pôle Écologiste en Ariège (2e circonscription). J’ai besoin de vous dans cette aventure. Si vous pouvez m’aider à diffuser les idées proposées ici, n’hésitez pas à me contacter : cfarhangi@gmail.com

Je ne promets pas de miracles. J’essaie d’être connecté au réel et pense être qualifié pour servir mon pays à l’Assemblée Nationale en y défendant l’environnement, la justice sociale, et ce que l’Ariège peut y apporter ET y gagner.

L’Ariège, pour moi, ce sont d’abord des liens familiaux. J’apprends, par ma famille, à connaitre votre territoire depuis 5 ans, à apprécier son terroir, ses habitants, et la façon d’y cultiver une « autre vie » sous ses formes diverses.

Je saurai comment vous représenter dans la jungle politique parisienne : j’ai réalisé environ 150 missions d’études et d’expertise pour les pouvoirs publics et les entreprises sur des thèmes comme l’adaptation au changement climatique, la biodiversité, le logement social, l’inclusion des personnes handicapées, la santé, le ferroviaire, la revalorisation des déchets, la R&D industrielle, les énergies renouvelables, l’enseignement supérieur, et l’éducation populaire à l’environnement. Je ne suis pas expert de tout ça, mes clients font surtout appel à moi pour ma curiosité, ma gentillesse, et ma franchise.

Je n’en tire pas de gloire et contrairement aux agricultrices, infirmiers, éboueurs, travailleuses du bâtiment, transporteurs routiers, policières et pompiers, je suis loin d’être essentiel au bon fonctionnement de notre société. Mais je travaille avec conviction et essaie de mettre mes compétences au service de l’intérêt général.

Je suis également enseignant dans une école de commerce sur les « futurs durables » des entreprises, et blogueur et podcaster sur les limites écologiques et sociétales à la croissance. J’investis enfin à titre personnel dans l’agroécologie, nous en reparlerons, c’est un enjeu absolument déterminant.

En tant que député je défendrai entre autres les 13 orientations suivantes, d’après ma compréhension actuelle des besoins des Ariégeois et des intérêts de la France.

 

1) Transport : se déplacer en Ariège est souvent galère, et l’est encore plus en ce moment. Je lutterai pour que chacun puisse se déplacer à la mesure de ses besoins, dans des conditions sûres, équitables, justes et écologiques. Je ne peux malheureusement rien contre les lois physiques de la formation du pétrole et j’aurais préféré que sa combustion n’émette pas de CO2. Mais je suis choqué par les gaspillages depuis des décennies de cette ressource précieuse. Les Ariègeois en pâtissent car ils vivent déjà le plus souvent sobrement, avec des véhicules déjà légers, et peuvent difficilement consommer moins. Pour gérer le court terme, je défendrai toute mesure qui sera favorable aux travailleuses et travailleurs essentiels ainsi qu’aux trajets essentiels, ce qui n’est par exemple pas le cas de la remise actuelle de 18 centimes par litre, qui favorise tout autant les trajets non-essentiels des voitures lourdes.

En ce qui concerne le « long terme » (concept qui échappe aux majorités précédentes qui écoutent davantage les financiers que les scientifiques) je défendrai le soutien à l’industrie émergente des véhicules légers low-tech, ou encore les mesures de limitation du poids et de la consommation des véhicules. Le pétrole n’a pas attendu la guerre en Ukraine pour être un problème, et les injonctions soudaines à la sobriété énergétique avaient déjà du sens bien avant. En zone rurale, il nous faut des voitures pour tous et toutes. Légères, sures, fiables, réparables dans la commune, qui consomment peu, et fabriquées en France.

Plus généralement, je travaillerai sur toute mesure protégeant nos citoyens de la précarité énergétique et favorisant un partage plus équitable des ressources naturelles épuisables. A ce titre, mon parti Génération Ecologie est le seul à faire des propositions fortes de normes et de quotas : c’est la seule possibilité d’éviter que les hausses de prix n’écrasent avant tout les plus pauvres.

Et je soutiendrai bien sûr à l’investissement dans les autocars et le train comme alternative à la voiture.

 

2) A ce propos, je défendrai le « quoi qu’il en coute », mais pour investir dans des équipements critiques comme notre infrastructure ferroviaire. La SNCF propose de doubler les investissements dans le réseau et de doubler le trafic d’ici 2035-2040, en démarrant dès maintenant. Il est évidemment hors de question de fermer la ligne de TER Occitanie, et le train de nuit tel que celui que j’utilise pour faire mes allers-retours Paris-Saverdun. Le train est déterminant pour notre quotidien et le sera de plus en plus à l’avenir. Tant que nous aurons des trains (mais aussi de l’électricité, de l’agriculture, des hôpitaux, des écoles, des éboueurs, et des services de sécurité) nous éviterons l’effondrement de notre société.

Concernant les lignes et les gares qui ne sont plus desservies, je soutiendrai l’émergence de projets d’écotrains dans le cadre des programmes européens d’innovation des transports. Il est scandaleux qu’on laisse dépérir les anciennes infrastructures sous prétexte qu’elles ne sont plus aux normes des trains modernes, alors qu’elles pourraient encore supporter en toute sécurité des trains plus légers qui augmenteraient l’offre locale de transport.

 

3) Industrie : l’Ariège a de nombreux atouts à faire valoir, notamment dans la métallurgie et la chimie. L’économie se démondialise. La France va devoir regagner en souveraineté et relocaliser son industrie (87 relocalisations en 2021, contre seulement ~12 par an entre 2009 et 2019). Et nous serons plus propres et plus sobres si les usines sont chez nous plutôt que dans des pays lointains et dictatoriaux. Voilà des opportunités pour l’Ariège et je ferai tout pour attirer des investisseurs sur le territoire : il y a par exemple une belle carte à jouer dans la fabrication de médicaments ainsi que dans les nombreuses applications industrielles du chanvre (voir mon interview avec Aurélien Delecroix, Président du Syndicat National du Chanvre). Le potentiel est de milliers d’emplois rien que pour l’Ariège.

 

4) Santé préventive : en moyenne en France plus le niveau de revenu est bas plus l’espérance de vie est faible. Mais ce n’est pas le cas en Ariège ! Où l’espérance de vie est assez nettement au-dessus de la moyenne française. Sur ce plan comme sur d’autres, l’Ariège a beaucoup à offrir au reste de la France. À l’Assemblée je m’activerai pour élaborer des propositions de loi allant dans le sens d’une alimentation saine, de l’activité physique, et de l’hygiène de vie. Cela permettra d’ailleurs de soulager nos hôpitaux et nos équipes soignantes, qui sont déjà bien assez débordées. Je m’opposerai bien entendu à toute mesure retirant des moyens à nos hôpitaux, alors que nous avons une population vieillissante et des besoins croissants. Je défendrai l’inverse et remettrai les choses dans l’ordre des priorités.

5) Je suis personnellement investi dans le développement de l’agroécologie. La vie du sol constitue la clé de voute de notre avenir alimentaire et de notre résilience face à l’après-pétrole et la recrudescence des événements climatiques extrêmes. J’ai mené des interviews pour donner la parole à l’association Pour une Agriculture du Vivant et l’entreprise Gaïago représentée par l’agriculteur et agronome Francis Bucaille. Je suis passionné par le discours du biologiste Marc-André Sélosse qui m’a ouvert les yeux sur un monde qui m’était inconnu. J’ai investi des deniers personnels dans Fermes En Vie qui accompagne l’installation d’agriculteurs sur des fermes collaboratives et diversifiées.

En tant que député, je m’investirai à fond pour le soutien à la transition agroécologique et la juste rémunération des agriculteurs. Rémunération d’abord pour leurs productions, qui doivent leur permettre de gagner dignement leur vie et d’assurer leur avenir, et rémunération pour services rendus pour l’environnement, comme la replantation de haies, la protection de la ressource en eau, et la capture du carbone dans le sol. L’Ariège offre des sites exemplaires pratiquant par exemple le pâturage tournant dynamique, la couverture permanente des sols.

Certains agriculteurs ariégeois me disent que la limitation du travail du sol peut être difficile en raison des sols argileux de la région. Je ne défendrai aucun dogme et m’attacherai à élaborer des mesures recherchant le juste équilibre entre les impératifs de production pour assurer notre sécurité alimentaire, la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité, la limitation des intrants dérivés du pétrole et du gaz, la perméabilité des sols, leur capacité de capture du carbone, la juste rémunération des producteurs, et le développement de compléments de revenus comme l’agrivoltaïque, le biogaz et bien sûr le paiement pour services écologiques. C’est ultra-complexe, c’est intimidant, mais c’est le défi du siècle.

Les agriculteurs font un métier difficile et vital, et beaucoup leur est déjà demandé : nourrir le monde pour pas cher, assumer tous les risques (météorologiques, économiques, énergétiques, biologiques…), et protéger la nature. Tout cela se paie ! Sans quoi dans 20-30 ans, les agriculteurs auront disparu, la Terre sera accaparée par les multinationales et le grand projet d’élimination de la paysannerie aura abouti.

 

6) Le féminisme m’est cher. Outre les sujets dont vous entendez déjà souvent parler sur les progrès évidents restant à faire sur l’émancipation des femmes, l’égalité des droits, et l’élimination des violences, deux défis moins souvent abordés me tiennent à cœur :
1- l’aide aux familles monoparentales, où il faudrait appliquer une sorte « d’allocation parent rural isolé » pour celles et ceux (mais le plus souvent celles) qui font face à des dépenses incompressibles particulièrement élevées, par exemple pour le transport.

2- l’inclusion des femmes dans les métiers techniques et scientifiques.

Pour illustrer ce second point en bon geek technico-scientifique que je suis, je tiens à exprimer ma très grande admiration pour l’exemple donné par Mme Valérie Masson-Delmotte, physicienne, paléoclimatologue, et depuis 2015 coprésidente du Groupe 1 du GIEC sur la physique du climat. J’espère que d’autres femmes seront inspirées par  sa réussite dans le milieu de la recherche.

 

7) Les écarts de richesse s’accroissent et cela n’est ni méritocratique ni supportable. Par exemple l’entrepreneuriat social est beaucoup moins bien rémunéré que la spéculation financière. Or lequel prend de vrais risques, et présente une réelle utilité ?

Certains vous diront que la part du revenu national détenue par les 10% les plus rémunérés est stable depuis 70 ans. Cela est vrai, or c’est faux pour les 1% et a fortiori les 0,1% du haut. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. Faites un calcul simple : si une personne gagne 1000€ par mois et une autre 5000€ par mois, et que le salaire de chacun double (donc 2000€ par mois et 10000€ par mois), leurs parts respectives dans la richesse nationale sera certes stable, MAIS l’écart aura également doublé, passant de 4000€ par mois à 8000€ par mois.

Et encore, ce n’est qu’une partie de l’histoire. J’ai vécu dans la bourgeoisie et je continue de la côtoyer en essayant d’être constructif. Je peux vous dire que même si vous votez Philippe Poutou, vous êtes peut-être encore loin d’imaginer l’étendue des mécanismes d’accumulation et des schémas de reproduction sociale : salaires énormes pour des boulots abstraits pas-franchement-essentiels (un trader en banque d’investissement fraichement diplômé gagne maintenant 100 000€ bruts par an… je vous laisse comparer avec un agriculteur, une infirmière, ou un patron confirmé de PME industrielle), revenus du patrimoine, niches fiscales, évasion fiscale, fraude fiscale en toute impunité, succession, spéculation sur les matières premières (ah c’est sûr c’est le bon moment quand on est au bord d’une famine mondiale), privatisation des profits et socialisation des pertes…

Je soutiendrai donc des projets pour une meilleure répartition de la richesse, l’arrêt des subventions indues aux plus fortunés, la suppression de niches fiscales des plus aisés et de meilleurs salaires en fonction de l’utilité sociale des emplois.

Je vais être franc avec vous : je n’ai aucun intérêt personnel à défendre les idées que je viens d’énoncer, je suis personnellement « gagnant » du système existant et il me serait moins risqué de ne rien dire.

 

8) Avec des paysages montagneux et collinaires somptueux, et des villages magnifiques comme Carla-Bayle, Montbrun-Bocage, Mirepoix et Le Mas d’Azil, l’Ariège et ses alentours peuvent être fiers de leur patrimoine culturel et naturel et développer de l’emploi à travers un « tourisme rural soutenable ». Terme qui mérite des guillemets, car il faut être vigilant à trouver le bon équilibre. Le Maire de Montbrun Bocage M. Seneclauze l’exprimera bien mieux que moi :

« On ne tient pas à développer le tourisme. Le dimanche matin est déjà difficile à gérer. Mon antithèse : les communes qui paient des fortunes pour voir passer le Tour de France. Moi, il faudrait me payer pour que j’accepte et encore ! Je ne veux pas qu’on soit envahi…

Des jeunes s’installent ici car c’est un village atypique où le tissu sociologique reflète une diversité culturelle, de pensée. Ici, les gens se sentent à l’aise pour mener leur activité sans être ostracisés. Il n’y a pas de place pour les discours de haine et on a des préoccupations environnementales, écologiques que l’on met en œuvre de manière horizontale. À la cantine communale, on fait tout nous-mêmes. Tout va de pair… » »

La pandémie nous a montré à quel point l’économie touristique pouvait être fragile. Je militerai donc pour soutenir les activités de tourisme complémentaires d’autres revenus (type « tourisme à la ferme ») afin de construire un tourisme de proximité, durable et d’abord utile pour les locaux, dont l’Ariège a besoin plus que de projets hors-sol.

Nous devons créer les conditions pour que dans un territoire comme l’Ariège, les citadins proches (ici en l’occurrence les Toulousains) privilégient le réflexe de visiter les territoires proches. En Ariège, le parc aux bambous, la ferme aux bisons, le musée de la préhistoire, la maison des loups sont quelques uns des précieux atouts sur lesquels une politique de développement du tourisme local pourrait reposer.

 

9) Résilience alimentaire et circuits courts : je suis en ligne avec le discours de Stéphane Linou, premier locavore de France, que j’ai interviewé dans la Mairie de Chalabre. Beaucoup de choses sont dites dans cette interview que je vous invite à écouter. Je rajouterai simplement que les Ariégeois sont nombreux à avoir conscience de ces enjeux et à pratiquer l’autonomie et les circuits courts au quotidien. Il ne s’agirait pas d’aller vers l’excès inverse que serait l’autarcie. En attendant, on en est loin, et le problème, c’est le système existant : trop globalisé, énergivore, interdépendant, fonctionnant à flux tendus, aux monocultures hyper-spécialisées, et détruisant les sols et la biodiversité.

Cela ne veut pas dire que je suis contre les supermarchés. On ne peut pas demander aux gens de faire leurs courses dans 10 magasins différents. La grande distribution a des avantages logistiques et constitue une façon pratique de répondre à nos besoins. Mais elle doit s’ouvrir en priorité aux produits locaux et choisir des alternatives lointaines lorsqu’elles sont absentes.

 

10) Face à des dégâts climatiques devenus inéluctables (même si l’on réussit à maintenir le réchauffement sous 2 degrés, et cela apparait chaque année plus improbable) la France doit préserver la disponibilité et la qualité de l’eau, et engager d’urgence une transition hydrique de tous ses territoires. Constatant la fonte progressive des neiges des Pyrénées (leur « château d’eau ») les Ariégeois sont nombreux à s’y préparer et à expérimenter des solutions. Il est nécessaire de passer à plus grande échelle car, climat ou pas climat, le système actuel de gestion de l’eau n’est pas viable. Plus on consomme, plus les entreprises qui prélèvent gagnent de l’argent. Plus on pollue, plus les entreprises qui dépolluent gagnent de l’argent. Rien ou presque n’incite à être économe ou à éviter de polluer. Ajoutez à cela des infrastructures vieillissantes et des collectivités qui ont de moins en moins de moyens pour les entretenir.

C’est la « fin du monde open bar » (expression de Jean-Emmanuel Gilbert avec qui j’ai abordé ces enjeux). De nombreux métiers vont ainsi apparaitre et des emplois seront créés dans l’efficacité de l’utilisation de l’eau, l’accompagnement des usagers (industriels, agriculteurs, restaurateurs, collectivités, particuliers…), et la prévention des rejets polluants.

D’un autre côté, la gestion de l’eau ne doit plus être déléguée à des intérêts privés en quête de profit. D’autres modèles existent, comme les associations syndicales libres, qui permettent de laisser les habitants gérer eux-mêmes leur ressource en eau, au plus près de leurs besoins en zone rurale. C’est ce type de modèle que je favoriserai pour l’Ariège et pour la France.

 

11) A propos d’adaptation au changement climatique, je me baserai sur la science, et le dernier rapport du Groupe 2 du GIEC est très clair : il faut investir massivement dans l’agroécologie et l’efficience hydrique, comme déjà évoqué, mais aussi, entre autres, dans les systèmes d’alerte et de sécurité. Il s’ouvre ainsi de grands chantiers de mobilisation et de formation des gendarmes et des pompiers.

Il s’ouvre également de vastes chantiers d’infrastructures « vertes » telles que la végétalisation des villes pour lutter contre les vagues de chaleur, la clôture des berges des cours d’eau pour favoriser la repousse des arbres (ripisylves) ou l’aménagement de champs d’inondation contrôlés pour limiter les dégâts provoqués par les crues. Cela représente de nombreux emplois pour le secteur de la construction (qui cherche à se convertir vers autre chose que le « tout-béton ») mais aussi des opportunités pour les agriculteurs.

Le rapport du GIEC est également très clair sur le fait que les groupes les plus socialement défavorisés sont également les premières victimes du changement climatique. Cela s’applique au monde comme à la France, à la crise climatique comme à n’importe quelle autre crise écologique (énergie, eau, pollution, biodiversité…). En cela, les combats pour l’écologie et la justice sociale sont indissociables.

Le rapport du GIEC comme le Pape François ainsi que toute personne de bon sens sont également clairs sur l’accueil des réfugiés (climatiques ou non) comme levier d’adaptation. Il se trouve que la France serait relativement épargnée par le dérèglement climatique (relativement) par rapport à des territoires beaucoup plus vulnérables, où les habitants n’y sont pour rien. Dès lors se posera peut-être un jour le choix entre s’emmurer dans notre peur et tirer sur des innocents… ou alors faire au mieux pour les accueillir. Je suis personnellement pour nous préparer au second scénario, bien que conscient des difficultés qu’il comporte. Certains Ariégeois sont déjà expérimentés dans l’accueil de réfugiés et leur insertion professionnelle.

 

12) L’arrivée de néo-ruraux (j’en fais partie) s’accélère en Ariège et représente un enjeu immobilier et culturel de plus en plus important. Nous sommes pour le moment dans la phase où des citadins en mal de nature partagent leur vie entre la ville et le télétravail à la campagne. Un exode urbain plus massif (pour plein de raisons X ou Y que l’on peut imaginer) est également quelque chose qui se prépare. Des réflexions sont en cours, parfois à demi-mots, à l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires. Sur ce sujet comme sur d’autres liés aux bouleversements socio-écologiques à venir, je suis pour cesser d’en parler à demi-mots, crever l’abcès, et ouvrir le débat de manière franche. Il n’y a pas besoin de se balader dans les rapports militaires sur le climat pour comprendre que nous allons potentiellement au-devant de grandes difficultés pour les siècles à venir (mais lisez quand même ces rapports si vous avez le temps). Donc arrêtons de faire comme si de rien n’était. Jusqu’en 2019 on se moquait de ceux qui alertaient contre les catastrophes, les pénuries et les risques de désintégration du système. Par la force des choses, cela fait moins rire aujourd’hui.

J’ai digressé dans mon développement :-). Revenons aux néo-ruraux. Leur intégration doit se faire en respectant les campagnes. Je m’opposerai à la dérive connue sous le nom de « gentrification » qui consiste à imposer des normes de paysage sorties de l’esprit des urbains, à refuser le chant du coq et le bruit du tracteur, à méconnaitre les impératifs d’un monde rural qui est d’abord un espace de travail et de production. Les néo-ruraux ne doivent pas venir avec leurs fleurs, leurs chevaux et leurs illusions, mais avec de l’écoute et des manches retroussées.

 

13) Beaucoup d’autres sujets m’intéressent, sans aucunement prétendre avoir toutes les solutions face à un monde aussi complexe et imprévisible. Je termine en notant que je défendrai le « vivre autrement » sous ses formes diverses, dans les limites du respect des valeurs de la République telles que la liberté et la laïcité. Les Français ont le droit à autre chose que la société de consommation, et l’Ariège est une terre qui cultive fièrement les modes de vie alternatifs : éducation, lien social, pratique de la démocratie, travail… Evidemment, comme pour tout, il ne faut pas idéaliser.

Lorsque je suis en Ariège, je réside la plupart du temps à l’écovillage démocratique de Pourgues co-fondé par mon frère Ramïn Farhangi. Des écolieux poussent un peu partout en France, cela fait partie des aspirations d’une partie de la population. C’est un atout pour affronter les défis sociaux et environnementaux à venir, et l’Etat et les collectivités locales devraient y investir.

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