Energie et ressources

Comment j’ai débranché le chauffage, par Loic Cedelle

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Loic Cedelle est consultant en transports et mobilité.

Vous avez un frigo A+++, des multiprises pour éteindre les appareil en veille, des LED que vous éteignez dès que vous sortez d’une pièce? C’est très bien. Mais avez-vous vérifié si votre consommation d’énergie a vraiment baissé?

En effet, il faut savoir que tous vos appareils (lampes, frigo, four, télé, ordinateur…) contribuent au chauffage, puisque toute l’énergie qu’ils utilisent fini en chaleur. Par exemple la lumière générée par les lampes et les écrans est transformée en chaleur lorsqu’elle est absorbée par vos murs. Donc, si vous avez un thermostat, tout ce que votre frigo A+++ consommera en moins, vos radiateurs le compenseront en chauffant plus : Le seul paramètre qui compte en hiver est la température à laquelle le thermostat est réglé.

Si vous sentez la chaleur du radiateur, et pas celle des ampoules, c’est juste parce que la quantité d’énergie utilisée par le radiateur est phénoménale. Ainsi, chez moi, j’ai 6 radiateurs de 1500W ce qui fait 9000W. Face à ça, mon frigo fait 90W de puissance maximale (1% de la puissance des chauffages), et mes 25 ampoules LED cumulent à peine 130W au total. Quoi que je fasse avec les lampes, ça aura moins d’effet qu’un seul effleurement du bouton du radiateur.

Or qui dit énergie, dit CO2. Dans le bilan carbone moyen des français, le chauffage est bien le 2ème cavalier de l’apocalypse.

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Personnellement, mes chauffages sont électriques. C’est beaucoup mieux qu’un chauffage au gaz ou au fioul car l’électricité française est à 90% décarbonée… mais il y a quand même un problème. Ce problème, c’est qu’en hiver, il y a plus de gens qui veulent de l’énergie que ce que les moyens décarbonés peuvent fournir. Par exemple à l’heure où j’écris ces mots, dimanche 6 mars, l’application éCO2mix m’informe que les centrales à charbon françaises sont allumées et produisent une puissance de 600MW électrique. Les centrales au gaz sont allumées également, pour 3600MW. Et en plus nous importons 2000MW d’electricité des pays voisins. A chaque fois que la demande dépasse la capacité de production de nos moyens décarbonés (donc en gros à chaque fois qu’il fait froid), chaque kwh demandé en plus correspond à un kwh fossile à produire en plus.

La première solution qui vient en tête pour diminuer la consommation du chauffage, c’est l’isolation des bâtiments. D’ailleurs si vous êtes propriétaire et si vous avez l’argent pour entourer votre logement de 30cm d’isolant, allez-y sans hésitez.

Pour ma part, j’habite dans un bâtiment construit en 1650, certes amélioré par 5cm de laine de verre, mais avec encore beaucoup de ponts thermiques. J’envisage d’améliorer l’isolation mais les contraintes patrimoniales font que le bâtiment ne sera jamais très performant.

J’ai donc eu une autre idée en voyant un manuel pour habiller les nouveaux-nés en fonction de la température: si le bébé peut supporter, à confort égal, toutes les températures entre 16° et 27°, pourquoi les adultes ne pourraient-ils pas faire pareil?

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J’ai donc décidé d’arrêter (entièrement) le chauffage chez moi et de m’habiller en fonction des températures, plutôt que de fixer la température en fonction de comment je m’habillais.

J’ai appréhendé l’habillement exactement comme si j’isolais un bâtiment. Mot d’ordre: la chasse au pont thermique. Ca ne sert à rien d’ajouter de l’isolant dans un endroit déjà isolé si toute la chaleur passe par le pont thermique à coté.

Premier pont thermique identifié: les chaussettes trop fines. Mes chaussettes fines en laine pèsent 45g. Je les ai remplacé par des chaussettes épaisses en laine, pesant 170g. En théorie j’ai donc multiplié par 4 la résistance thermique de mes chaussettes. En pratique,j’ai trouvé que ce changement de chaussettes n’avait vraiment que du positif. En dessous de 20°C on est beaucoup mieux avec des chaussettes épaisses et il n’y a à peu près aucun inconvénient.

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Deuxième pont thermique : le pantalon. En y réfléchissant, il est clair qu’un jean de 1 à 2 millimètres de coton n’isole absolument rien. Par contre, ajouter un collant « thermique » sous le jean change fortement les choses. Visuellement ça ne fait aucune différence et ça n’impacte absolument pas les mouvements. Il faut juste y penser le matin, à partir de début novembre, dans sa routine d’habillement. Ce blog explique d’ailleurs que mettre un collant sous son pantalon est équivalent, thermiquement, à 1,5°C de température de l’air en plus. Je confirme que je suis mieux à 18°C avec un collant qu’à 19°C sans.

Troisième pont thermique: les vêtements trop lâches. S’il y a des courants d’air, l’air chaud contre la peau va partir à chaque mouvement. C’est pourquoi le « sweat-shirt », qui isole très mal et n’est pas ajusté, est à ranger au fond du placard à partir du mois d’octobre.

Une fois les 3 ponts thermiques réglés, on peut s’intéresser à la résistance thermique du pull. Bizarrement je n’ai trouvé aucun indicateur normalisé de la résistance thermique d’un pull. J’ai quand même fini par comprendre 2-3 choses, notamment que les matériaux constitués de fibres sont plus fines isolaient mieux. Le meilleur isolant pour un pull, c’est donc la laine de mouton mérinos dont les fibres de 15 microns sont 3 fois plus fine que celles des laines classiques. En deuxième, certaines laines à fibres un peu plus épaisses, mais creuses (par exemple la laine d’Alpaga). En troisième, la laine standard ou la fibre « polaire » synthétique sont a peu près équivalentes, mais la laine va mieux gérer l’humidité. Enfin, les fibres de coton ou de lin n’isolent pas bien et sont à garder pour l’été.

J’ai donc cherché un pull en laine mérinos puisque c’est le matériaux le plus isolant. J’en ai trouvé au comptoir irlandais (quai saint Antoine à Lyon) et j’ai pris le plus épais, pesant environ 700g. Plus épais = plus isolant. J’avais déjà un pull en laine mérinos, acheté sans trop me poser de questions thermiques : il pesait 250g. En théorie mon nouveau pull est 2,8 fois plus isolant. En pratique, avec le pull en mérinos, le collant sous le pantalon, les chaussettes épaisses, à 17°C le confort est très bon.

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Pulls Aran en laine Mérinos, photo Le comptoir irlandais

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La marque Française Henjl fait aussi des pull en mérinos de 700g (modèles Grip, Melvin), mais je n’ai pas essayé.

Comme la température continuait à descendre à raison d’un degré par semaine, j’ai sorti des placards mes vétements « techniques » de rando. J’ai un T-shirt manches longue moulant, également en laine mérinos, qui se met contre la peau, sous le pull. Les vêtements techniques modernes en laine mérinos sont vraiment très confortables et doux. Grâce au fait que les fibres sont 3 fois plus fines que celles de la laine classique (et donc plus flexibles lorsqu’elles touches la peau), il n’y a absolument aucun effet de picotement. Sinon, les « premières couches » en tissus synthétique qu’on trouve à Décathlon ou Damart marchent bien aussi et sont beaucoup moins cher.

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T-shirt en laine mérinos grammage 260, photo Icebreaker

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Enfin, à partir de 16°, on remarque que le cou est un vrai pont thermique et qu’une petite écharpe apporte un confort supplémentaire. Pour l’intérieur ma préférée est une écharpe fine et légère (120g) en laine d’Alpaga. Pour l’écharpe je trouve que la laine fait vraiment la différence par rapport à du coton ou du polaire en termes de chaleur et de confort.

Avec tout ça, je suis plutôt plus confortable à 15° avec mes nouveaux habits, qu’à 19° avec mes habits d’avant. L’important, ce n’est pas la température de la pièce, c’est la température du corps et elle n’est de toute façon ni à 15° ni à 19° mais bien à 36-37°.

Il faut aussi noter qu’en réalité il y n’y a que 2 situations possibles: soit on est « actif » : cuisine, aspirateur, rangement… et dans ce cas là on n’a pas froid à 15°C. Soit on est « inactif » (ordinateur, télé, dodo) et dans ce cas là on risque d’avoir froid… mais on peut se couvrir! C’est sur ce constat que j’ai fait l’acquisition d’un plaid en laine de Mohair, toujours au comptoir irlandais de Lyon. Le plaid reste sur le canapé, toujours disponible pour couvrir mes moments d’inactivité. C’est extrêmement efficace.

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Photo Le comptoir Irlandais.

Le Mohair est aussi une laine aux fibres très fine. Ce plaid de marque Avoca est beaucoup plus chaud que mon autre plaid qui est 50% acrylique 50% laine

D’ailleurs, saviez-vous que la température « de confort » d’après la norme NF X35-203/ISO 7730 pour un « ateliers avec un activité physique soutenue (manutention manuelle par exemple) » est de 14 à 16 °C ? Oui, la même norme qui dit qu’un bureau doit être entre 20 et 22°C. On voit bien que la température de confort dépend de l’activité qu’on mène… et, c’est une évidence, aussi des habits qu’on porte. J’ai vu des gens demander à monter le chauffage alors que nous étions ensemble dans une salle de réunion déjà à 23°C d’après le thermomètre. Apparement quand on n’a pas les bonnes chaussettes, même 23° peut paraître un peu frais…

Revenons chez moi : la difficulté réelle de tout cela, c’est que bien s’habiller, ça marche… mais il peut toujours arriver de faire une erreur d’isolation et de ce rendre compte d’un coup qu’on a un peu froid. Et c’est embêtant car avec un air à 13°C, remonter le corps à la bonne température prends un peu plus de temps. C’est là qu’interviennent 3 solutions élégantes et surtout efficaces :

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  • Le plus simple : je fais bouillir 1,5L d’eau et je met la bouillotte sous le plaid contre moi. Mon corps retrouve sa température agréable en quelques dizaines de secondes, ça marche extremement bien. On ne fait pas plus efficace comme utilisation ciblée de l’énergie.
  • Je peux aussi boire un thé chaud. C’est un peu comme mettre une bouillotte à l’intérieur. La bouillotte reste néanmoins plus efficace je trouve.
  • Enfin, si l’envie m’en prends, je sors mon tapis de gym et je fais 10 minutes de gainage et d’abdos. ça marche encore mieux que la bouillotte pour diffuser une chaleur douce dans tout le corps. ça demande évidemment d’avoir 10 minutes de disponible, mais à mi-journée de télétravail, un pause active fait du bien à tous les niveaux.

Avec tout ça, j’ai pu passer l’hiver sans chauffage. La température est gentiment descendue jusqu’à 11°C debut janvier, avant de remonter à partir de fin janvier.

Le dernier pont thermique est la tête et les oreilles, mais il y a un gros tabou culturel vis-à-vis du bonnet en intérieur. J’ai fini par faire sauter ce tabou un après-midi de télétravail par 11°C et j’ai trouvé ça plutôt bien. Soyons rebelles, au moins de temps en temps.

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Eminem ose mettre un bonnet en intérieur, alors pourquoi pas moi?

Tout ça a l’air extrême au premier abord, mais il faut rester objectif. Ce n’est pas un retour au moyen-âge : le double vitrage à gaz argon et joints silicones, l’eau bouillante à volonté, etc, font déjà une grosse différence avec l’époque où les mêmes fenêtres étaient en papier huilé et où la Saône gelait en hiver. Il ne faut pas non plus confondre avec la situation, réellement extrême voire dangereuse, de personnes qui dorment dans des tentes humides par -5°C avec des habits de fortune. Ici on parle d’une situation de sobriété controlée, sèche, 16 degrés plus chaude, avec tout l’équipement nécessaire pour rester confortable.

Aujourd’hui le 6 mars il fait 16,5°C dans mon salon. J’écris, assis, je n’ai ni plaid ni bouillotte ni je n’ai même pas besoin de mon plus gros pull: en fait j’ai l’impression que l’hiver est fini et qu’il fait bon. En plus de l’effet habillement je constate donc qu’il y a un effet très net d’habituation (en tout cas tant qu’on parle de variation de quelques degrés seulement). J’ajoute que je suis normalement plutôt frileux: les soirs d’été, quand je prends l’apéro en terrasse chez mes amis en Bretagne, je suis le premier à rentrer à l’intérieur quand l’air extérieur descend sous les 20°C.

J’ai oublié de préciser qu’avant tout, il fallait évidemment avoir une couette bien chaude. Eteindre le chauffage dans la chambre devient alors assez facile. Une couette épaisse fait tellement la différence que j’ai pu constater en décembre que, alors que je dors très bien dans ma chambre à 11°C chez moi, j’ai eu froid dans une chambre d’hotel à 19°C et une couette trop fine.

Finalement, ce que je retiens de cette petite expérience, c’est que mieux s’habiller et chauffer moins permet tout d’abord un meilleur rapport à l’extérieur : sortir dehors en hiver est beaucoup moins éprouvant. Je dirais même qu’il m’arrive moins souvent qu’avant d’avoir froid, puisque je n’ai plus la situation où un passage dehors se prolonge de manière imprévue alors que je n’ai que le millimètre de toile de coton de mon jean entre mes jambes et l’air à 0°C.

La deuxième chose notable, c’est un impact important sur les factures. Après le premier hiver où j’ai significativement baissé le chauffage, Mon fournisseur d’électricité m’a remboursé 856€ de trop-perçu. Apparemment il y avait un écart de 5470kwh entre le dernier relevé de mon compteur et l’estimation de consommation qui servait à établir mes facture et qui était basée sur ma conso des hivers précédents (ou sur des sortes de moyennes, je n’ai pas bien compris).

En tout cas ça a remboursé largement mes achats de vêtements chauds. Certes j’avais déjà des habits techniques de rando; mais même si ça n’avait pas été le cas : un collant thermique coûte 20€, des chaussettes en laine épaisse 20€ (et il existe aussi des chaussettes en polaire qui sont moins cher). Un bon pull en mérinos, entre 100 et 150€, tout comme un plaid en Mohair. Un haut thermique coûte 40€ (100€ si vous le prenez en mérinos) et une bouillotte, 15€. Donc si, pour 2 personnes, j’achète 2 plaids, 1 bouillottes, 2 pulls, 4 collants, 4 hauts thermiques et 8 paires de chaussettes, je suis a peu près à 850€. Vous en connaissez beaucoup des investissements dont la rentabilité annuelle est de 100%?

C’est encore plus frappant si on compare à la moyenne française. Sur le site d’Engie on lit que pour 2 personnes dans un appartement tout électrique de 70m² il faut:

  • 400kwh pour les cuissons
  • 1’600kwh pour l’eau chaude
  • 1’100kwh pour les appareils divers
  • 7’000kwh pour le chauffage

Soit 10’000kwh en tout, représentant 1700€ annuel, dont 70% pour le chauffage. Face à cela, la consommation effective de mon foyer de 2 personnes est de 2600kwh et 500€/an. Si les chiffres d’Engie sont vrai, ça veut dire que je réalise une économie de -75% représentant 1200€ d’économie tous les ans.

C’est très cohérent avec ce que me dit mon Linky: Les jours où je chauffe (juste le salon) pour recevoir des amis, je consomme 4 fois plus que ma conso habituelle (qui tourne autour de 10kwh/jour). Si je chauffais tout l’appartement et pas juste la pièce à vivre ce serait sans doute encore le double. Je retombe donc exactement sur le chiffre d’Engie: 70% de la consommation annuelle liée au chauffage, dans l’hypothèse de 4 mois chauffés, ça veut dire qu’en hiver le chauffage représente 90% de la consommation d’énergie.

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Voilà, j’espère que tout cela vous inspire! Car nous avons une biosphère à sauver et une responsabilité historique à nous retrousser les manches sans attendre.

J’ai déjà plusieurs amis qui sont entrés dans cette démarche de se passer de chauffage et très souvent, en appartement, les pertes de chaleur des voisins suffisent à maintenir l’air à plus de 18°C. Dans une maison c’est différent, mais la stratégie de ne chauffer que la pièce de vie, et pas le reste, peut déjà constituer un gain important d’énergie pour une modification des habitudes qui reste assez faible.

A vous de trouver votre propre voie. Mon conseil reste de commencer par acheter des habits vraiment chauds, puis les mettre… et vous verrez bien ensuite à quelle température vous aurez besoin de chauffer !

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23 commentaires

  1. Un grand merci pour cet article.
    C’est vraiment très très inspirant ! Comment désacraliser le chauffage à la maison.
    Ça va pas être évident de convaincre ma femme et ma fille mais ça va être difficile 🤣

    Il me reste une interrogation, pour la douche comment ça se passe ? Se déshabiller à 12 degré ça se passe bien ?

    1. bassine d’eau et savon pour les plus motivés, pas de douche donc. Sinon chauffer la sdb avant la douche sinon vous risquez d’utiliser l’eau chaude pour vous réchauffer… et là vous surconsommerez l’eau chaude…

    2. Merci pour votre enthousiasme ! Ça fait effectivement un peu bizarre d’enlever ses habits quand il fait froid mais l’inertie thermique du corps me semble largement suffisante pour rester plusieurs minutes sans se refroidir significativement. Et sous la douche, l’eau est chaude donc il n’y a pas de problème.

  2. Je pratique depuis pas mal d’année, mais je ne vais pas jusqu’à couper le chauffage.
    Des infos intéressantes qui enrichissent ma documentation.
    Eh oui, il vaut mieux isoler le bonhomme que la maison.
    Aussi, il vaut mieux chauffer le bonhomme que la maison (paroi, meuble, air)
    L’efficacité de la dépense (€/°C) est imbattable.
    Dans notre copropriété on est en pleine réflexion sur l’énergie.
    Voici un extrait du courrier que j’ai envoyé au conseil syndical sur les mesures à prendre
    – accepter les 19 °C (bien sûr à réguler selon l’âge, la maladie, la pièce
    notamment la SDB)
    – Il faut isoler le bonhomme plutôt que chauffer la pièce donc être vêtu
    chaudement.
    – il faut chauffer le bonhomme plutôt que la pièce donc utiliser si
    nécessaire :
    . quand on est couché une couverture chauffante et-ou un sur-matelas chauffant
    afin de rentrer dans un lit chaud + une bonne couette hiver
    . quand on est assis éventuellement une couverture ou plaid chauffant.

  3. Lafibre naturelle permet de mieux gérer l’humidité. Non.
    Les fibres plastiques à fibre creuse fermée ne stockent pas l’humidité au contraire des fibres naturelles qui sont creuses et ouvertes. L’humidité reste moins longtemps avec des fibres plastiques. Je fais de la randonnée l’été je suis équipé tout plastique : t-shirt, slip, short. L’hiver je suis équipé tout plastique en polaire. En plus moins d’humidité => moins de bactéries => moins d’odeur.

    1. L’avantage de la laine sur le synthétique est qu’elle reste isolante même mouillée. Ça évite de se geler dès qu’on a un peu transpiré. C’est la première couche idéale ! Une pratique généralisée de tout temps par les scandinaves. Le mérinos est naturellement antibactérien et on peut le porter plusieurs jours même en rando sans que ça sente. En dessous de 30°, je randonne en mérinos. En alpinisme, la question ne se pose même pas. Pas grand monde n’a des activités extérieurs qui ressemblent à celles de Mike Horn mais il conseille aussi le mérinos en première couche partout et tout le temps.

  4. Bonjour Loïc,

    Merci pour ce retour d’expérience très concret et très intéressant. Une question me vient : habitant en appartement, comment faire sécher son linge l’hiver sans chauffage ? Quelle est votre solution ?

    Merci encore
    Jean

    1. Bonjour
      Pour retirer l’humidité soit vous chauffez et vous extrayez l’air chauffé et humide, soit vous mettez votre linge dans une pièce avec un déshumidificateur électrique qui consommera beaucoup moins qu’un chauffage pour la même efficacité de séchage. De plus vous pourrez récupérer l’eau qui n’est pas calcaire pour votre fer à repasser.

    2. Bonjour et merci pour ce commentaire sympathique !
      Effectivement le séchage devient fortement plus long quand la température diminue.
      Cependant en région Lyonnaise ça seche quand même tout seul, même à 11 degrés, il faut juste attendre 1j voire plusieurs jours pour les tissus les plus épais. Et si vraiment un vêtement peine à sécher il est toujours possible de passer un coup de sèche cheveux ou d’allumer un radiateur dessous quelques minutes. Ça m’est déjà arrivé mais c’est loin d’être la règle.

  5. Bonjour Loïc et merci pour cet article a la fois complet et inspirant.
    J’ai néanmoins une question/nuance.
    Qu’en est il de la gestion de l’humidité dans la maison. Ce n’est quand même pas génial de ne pas chauffer, ne serait ce que pour éviter les problèmes de moisissures ou que sais je?

  6. Excellente analyse, c’est exactement la conclusion à laquelle le prix délirant du gaz m’a amené.

    Je voudrais toutefois donner un avis sur les matériaux.
    Fruit d’années d’expériences en extérieur : mer et montagne en hiver je considère que les fibres synthétiques sont nettement moins performantes que les naturelles.
    Une polaire en polyester ne donne pas la même chaleur que de laine de qualité.
    Mieux encore la soie qui a un pouvoir isolant extraordinaire.

    Il me semble que les fibres de synthèse ne donnent pas une ‘bonne’ chaleur.
    En vieillissant j’ai l’impression que ces fibres ‘plastiques’ sont ‘etouffantes’ comme si l’on est dans un sac plastique.

    La société Ardelaine fait des produits de très bonne qualité.

    Un regret : dommage que les fabricants de vêtements de sport ne s’intéressent pas à la laine bouillie qui ne survit que dans les vêtements dame de mode.

  7. Bonjour,
    Belle approche. Je partage l’aspect « habituation ».
    Je me pose la question sur le coté télétravail, comment est traité le sujet du froid aux mains sur l’ordi ?

    1. Oui, c’est également ma principale question ! J’ai toujours froid aux mains quand toit le reste parvient à être protégé

    2. Pour moi, pas de souci, mes doigts ne craignent pas le froid. Sinon je pense que j’aurais essayé des mitaines? Qui peuvent être combinés avec de petites chaufferettes en cas de besoin.

  8. Excellent article, plein de bons sens, bravo. Chez moi on ne va pas aussi loin, mais ça fait des années que nous avons réduit l’utilisation du chauffage électrique (qui se limite au salon et à la salle de bain en gros). J’imagine que cet hiver sera l’occasion d’aller plus loin. Merci pour vos conseils.

    Petite faute à « chaussettes en polaire qui sont moins cher » chères*

  9. Merci pour votre expérience. Je m’habille moi aussi, et mets un bonnet. Le soir, je bassine l’intérieur de ma couette avec une minute de sèche-cheveux (ne pas le laisser sans surveillance). Il faut se méfier de l’effet de paroi froide. Pour des températures de l’air égales, la proximité d’une baie à simple vitrage qui donne directement sur l’extérieur procure une sensation de froid désagréable que son remplacement par du double vitrage modifie largement. J’apprécie l’isolation extérieure (8 cm de polystyrène) et l’inertie thermique (20 à 40 cm de béton) de la maison que j’ai fait construire il y a 40 ans en Nord-Isère, avec une véranda-couloir sur toute la façade sud.

    1. Effectivement, un logement bien isolé, c’est appréciable !
      Ce n’est pas bête l’astuce du sèche-cheveux. On peut aussi mettre une bouillotte chaude un peu en avance sous la couette.

  10. Bonjour, j’ai 67 ans et je vis comme ça depuis mon enfance (le 1er choc pétrolier nous a bien « éduqué », merci Papa !) Je confirme donc que c’est juste une question d’habitude et d’organisation. Ma salle de bain n’est jamais chauffée parce que le temps entre l’eau chaude et les vêtements est ultra court. Je précise aussi que j’applique une petite règle simple: « 1 douche 1 minute » (sauf quand je me lave les cheveux, je m’en offre 2! Le luxe !)

  11. Isoler les corps et non chauffer les volumes disait P Bihouix :
    Ma compagne fait de magnifiques chaussettes en laine,
    j’ai investit dans des caleçons longs thermolactil
    Les thermostats des radiateurs salon-séjour sont réglés sur 17.5°C
    Je mets 2 pulls en hiver. Le soir je passe le pyjama sous les vêtements pour le réchauffer avant d’aller me pieuter.
    La chambre est chauffée entre 19h et 22h à 18°C
    J’ai arrêté le ballon d’eau chaude : 120 l alors que je n’ai pas besoin d’une telle consommation journalière. Je chauffe l’eau dont j’ai besoin. J’utilise un pulvérisateur de jardin pour ma douche (2 litres d’eau chaude tiédit par 2 litres d’eau froide).
    Règle importante : en fin de soirée, la sensation de froid arrive entre les épaules, je fais donc immédiatement un brin de toilette, je passe un gant de toilette sur tout le corps pour enlever les sels minéraux qui se sont déposés sur la peau au cours de la journée. Je me sens tout de suite mieux. Les sels minéraux fonctionnent comme les sels de déverglaçage, ils absorbent l’humidité de l’air pour agir, les premiers pour faire fondre le verglas, les seconds pour refroidir la peau.
    Cela fait 2 ans que j’applique ces principes.
    Depuis, je suis moins malade lorsque je sors. Les voix respiratoires supportent mieux un air plus vif. Donc rando en forêt en hiver le plus souvent possible !
    La raison première de ces mesures ce n’était pas pour les économies d’énergie mais pour verser le moins possible de dividendes et de profits aux actionnaires des sociétés privées qui gèrent l’énergie. Je suis à fond pour un EDF national, mon EDF à moi, français et merde à l’Europe.
    (Un matériau ne prend pas d »x » au singulier.)

  12. J’ai longtemps habité une passoire thermique équipée de « grille-pains ». Dans un tel logement exigüe, l’hygrométrie est le principal problème. Pour lutter contre le froid, un hygromètre est plus utile qu’un thermomètre. Autant il faut réduire les courants d’air (calfeutrer), autant il est important d’aérer régulièrement.

    J’utilisais en complément une clim portable en mode déshumidification pour contrôler l’hygrométrie autour de 50-55%. Ça parait anti-écolo mais ce n’est pas le mode usuel où on pompe la chaleur intérieure pour l’éjecter dehors. Ici, on pompe la chaleur de l’humidité intérieure pour sécher et réchauffer l’air intérieur. C’est en fait une pompe à chaleur qui consomme peu, contribue à chauffer (la condensation est exothermique), limite le refroidissement des murs (la température ressentie est la moyenne entre celle de l’air ambiant et celle des murs), augmente l’efficacité des convecteurs (peu efficaces sur un air humide) et permet de baisser la consigne d’au moins 2° pour un confort amélioré (un air frais et sec étant plus confortable qu’un air tiède et humide). En prime, le linge sur étendoir sèche rapidement. Une solution de fortune trop méconnue.

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